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Economie circulaire : ce que Brune Poirson attend du Bâtiment

poirson_11.jpgBrune Poirson, la secrétaire d’Etat à la transition écologique, a fixé le cap en matière de recyclage et d’économie circulaire pour le secteur du bâtiment, à l’occasion de la soirée-débat organisée par EGF.BTP, sur le thème de la « RSE : répondre ensemble à cet enjeu citoyen », qui s’est déroulée le 7 novembre dernier. Après avoir rappelé que 70 % des déchets en France sont issus du secteur bâtiment (soit 40 millions de tonnes), la secrétaire d’Etat a ainsi annoncé qu’une filière pollueur-payeur pour le bâtiment sera mise en place, avec un principe de reprise gratuite des déchets préalablement triés. C’est l’un des trois axes majeurs du projet de loi économie circulaire, qui reviendra en discussion à l’Assemblée Nationale avant Noël, et que la secrétaire d’Etat a présenté devant la centaine de participants présents à cette soirée-débat. A l’heure actuelle, 54% des déchets de bâtiments sont valorisés, ce qui est insuffisant au regard des 70% exigés par l’Union européenne. Pour faire progresser le secteur, le texte en discussion prévoit également renforcer le pouvoir des maires avec l’introduction d’un régime de sanction spécifique afin de lutter contre les décharges sauvages. La mise en place d’un dispositif de traçabilité des déchets est également inscrite dans le projet de loi. Si les principes sont définis, le dispositif à déployer pour les appliquer reste en discussion. Sur ce point, Brune Poirson est favorable à l’idée de laisser la filière s’organiser, en choisissant par exemple une solution interprofessionnelle. Une perspective qui n’empêche toutefois pas l’ADEME d’étudier de son côté la préfiguration de ce que pourrait être la filière pollueur-payeur.

 

Repenser globalement les projets

 

roulet2.jpgAu-delà des questions actuelles de recyclage des déchets, et plus largement d’économie circulaire, les discussions sur la construction et la ville durables ont montré, au cours de la soirée, que la RSE est définitivement devenu un enjeu stratégique pour les donneurs publics et privés, la maîtrise d’œuvre et bien évidemment les entreprises générales. « Les architectes ont conscience que 80 % des prochaines marchés publics seront de la réhabilitation et nous sommes d’accord pour limiter l’usage des ressources non renouvelables », a ainsi déclaré Christine Leconte, la présidente du conseil régional d’ordre des architectes d’Ile de France.  « ll sortir de l’ère du béton, a pour sa part avancé Stéphane Dauphin, le directeur général de Paris Habitat. Cycle de vie, circuit court, écomatériaux, innovation, … On nous attend sur tous ces sujets », a-t-il confirmé. Message reçu 5 sur 5 par Thierry Roulet (photo ci-contre), le délégué régional Ile-de-France d’EGF.BTP, et Daniel Rigout, le président du syndicat. « L’entreprise ne peut plus se contenter de réduire ses impacts, elle est condamnée à aller de l’avant. Il faut répondre au choc de la demande », a déclaré Thierry Roulet. Pour répondre aux grands enjeux de la RSE, Daniel Rigout en appelle à l’innovation et la rupture. « Il faut repenser globalement les projets en incluant le cycle de vie des matériaux », a-t-il déclaré. « L’acte de construire est un fabuleux levier pour répondre à la RSE, a complété Daniel Rigout. Associez-nous le plus tôt possible à vos projets ! », a conclu le président d’EGF.BTP.

 

 

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(crédits photos Damien Valente et EGF.BTP pour Thierry Roulet)

Date: 
Novembre, 2019
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